Est-il obligatoire de tuber une cheminée ancienne ?

En matière de rénovation d’anciennes cheminées, la question du tubage revient souvent sur la table. Avec l’évolution des normes de sécurité et l’importance croissante accordée à l’efficacité énergétique, nous devons régulièrement conseiller nos clients sur cette intervention technique. En 2023, les statistiques nationales révélaient que près de 65% des sinistres domestiques liés aux conduits de fumée concernaient des installations non tubées ou mal entretenues. Voyons ensemble quand cette opération est indispensable et comment la réaliser dans les règles de l’art.
À retenir :
Le tubage de cheminée, indispensable pour la sécurité et l’efficacité énergétique, répond à des exigences techniques précises.
- Protection essentielle : 65% des sinistres domestiques concernent des conduits non tubés ou mal entretenus.
- Le tubage améliore significativement le tirage et protège la maçonnerie contre les gaz acides.
- Obligation légale pour les foyers fermés, constructions neuves depuis 2012 et lors du remplacement d’appareils.
- Deux options principales : le tubage rigide (installations droites) et le tubage flexible (conduits anciens avec coudes).
- L’installation doit impérativement respecter la norme NF DTU 24.1.
Qu’est-ce que le tubage d’un conduit de cheminée ?
Le tubage, également appelé gainage, consiste à insérer un conduit (généralement en inox) à l’intérieur d’un conduit de cheminée existant. Cette technique n’est pas une simple formalité administrative, mais répond à des exigences précises de sécurité et de performance. Sur les chantiers de rénovation que nous supervisons, cette intervention s’avère souvent incontournable.
Le principal objectif du tubage est d’assurer l’étanchéité parfaite du conduit lors de l’évacuation des fumées. Il permet également d’améliorer significativement le tirage et donc le rendement de votre appareil de chauffage. En adaptant correctement la section du conduit à l’appareil utilisé, nous garantissons une combustion optimale et une réduction des risques d’encrassement.
Le tubage protège efficacement la maçonnerie contre les agressions des gaz de combustion, particulièrement acides avec les appareils modernes à haut rendement. Il évite également l’accumulation de bistre (ces suies goudronnées particulièrement inflammables) qui peut provoquer des feux de cheminée. Vous pouvez découvrir davantage d’informations techniques sur ces questions en consultant notre Artisanat FAQ : tout savoir pour vos travaux.
Cette intervention facilite aussi considérablement l’opération de ramonage, qui reste obligatoire une à deux fois par an selon les réglementations départementales. Sur les conduits anciens non rectilignes, le tubage s’avère être une solution particulièrement adaptée pour sécuriser l’ensemble du système.
Dans quels cas le tubage est-il obligatoire ?
La réglementation ne laisse aucune ambiguïté sur certains cas où le tubage devient une obligation légale. Nous constatons que beaucoup de propriétaires ignorent ces dispositions, s’exposant à des risques inutiles et à d’éventuels problèmes avec leurs assurances.
Le tubage est systématiquement obligatoire pour :
- Toutes les installations à foyer fermé : inserts, poêles (bois, pellets, gaz, fioul)
- Toutes les constructions neuves depuis 2012
- Lors du remplacement d’un ancien appareil par un modèle plus moderne
- Quand le conduit présente des dommages ou n’est pas conforme aux normes actuelles
En revanche, le tubage n’est pas strictement obligatoire pour les cheminées à foyer ouvert, bien que nous le recommandions fortement pour des raisons de sécurité et d’efficacité. De même, les conduits en parfait état, totalement étanches et répondant aux exigences réglementaires peuvent parfois s’en passer, mais ces cas sont rares dans notre pratique quotidienne.
Lors d’une vente immobilière, le diagnostic peut également révéler cette nécessité, entraînant une obligation de mise en conformité avant la finalisation de la transaction. Pour vous accompagner dans ces démarches, vous pouvez découvrir comment trouver un professionnel qualifié pour vos travaux.

Les différents types de tubage et leurs caractéristiques
Sur le marché, deux grandes catégories de tubage s’offrent à vous, chacune avec ses avantages et contraintes spécifiques. Le choix dépend principalement de la configuration de votre conduit existant et du type d’appareil que vous souhaitez installer.
| Type de tubage | Caractéristiques | Applications recommandées |
|---|---|---|
| Tubage rigide | Inox, éléments de 1m maximum assemblés avec raccords, diamètre de 83 à 200mm | Conduits parfaitement droits, installations neuves |
| Tubage flexible | Inox, sur-mesure, diamètre de 80 à 250mm, simple ou double peau | Conduits anciens, présence de coudes ou dévoiements |
Le tubage flexible représente souvent la solution la plus adaptée pour les rénovations de conduits anciens, notamment grâce à sa facilité d’installation et sa capacité à s’adapter aux configurations non rectilignes. Son coût généralement inférieur (entre 50 et 80€ le mètre linéaire) en fait également une option attractive pour les projets avec budget limité.
Le tubage rigide, plus onéreux (entre 85 et 250€ le mètre), offre en revanche une durabilité supérieure et une meilleure résistance aux températures extrêmes. Pour les installations droites ou les constructions neuves, c’est souvent l’option que nous privilégions, particulièrement quand l’appareil installé est destiné à un usage intensif.
Normes et mise en œuvre d’un tubage conforme
La réalisation d’un tubage doit impérativement respecter la norme NF DTU 24.1, qui encadre strictement tous les aspects de l’installation. Cette norme définit les matériaux autorisés, les méthodes d’installation et les distances de sécurité à respecter scrupuleusement.
Avant toute intervention, le conduit existant doit être soigneusement ramoné, voire débistré si nécessaire. Le tubage partiel est formellement interdit : l’installation doit couvrir l’intégralité du conduit, de la base jusqu’au débouché en toiture. La ventilation du conduit maçonné doit être assurée tant sur sa partie haute que basse pour éviter tout problème de condensation.
Les points techniques essentiels à respecter sont :
- Un test d’étanchéité obligatoire après l’installation (à renouveler tous les 3 ans)
- Un tubage appartenant à la classe de température T400, pression D et corrosion C2-C3
- La conformité à la norme XP D 35-307
- Pour un insert, un tubage flexible d’un seul tenant avec double paroi intérieure lisse
- Une hauteur totale de conduit ne dépassant pas 18 mètres pour un insert
La sortie de toit doit respecter des règles précises : être située à au moins 40 cm au-dessus de toute construction distante de moins de 8 mètres. Pour les toitures-terrasses ou à faible pente (moins de 15°), la sortie doit s’élever à 1,20 mètre minimum au-dessus du point de sortie.
Bien que théoriquement possible pour un bricoleur averti, nous déconseillons fortement l’auto-installation. En cas de sinistre, les assurances exigeront la preuve d’une installation conforme aux règles de l’art, difficile à fournir sans certification professionnelle. Le budget total à prévoir oscille généralement entre 300 et 1500€ pour une installation complète par un professionnel qualifié.



